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Education et Mixité sociale

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Après quelques années la perception des problèmes sociaux se modifie. Dans les années 90 la question urgente à régler était celle de l’intégration : comment avoir une population homogène dans laquelle les migrants venus parfois de très loin, pouvaient peu à peu adopter le style de vie européen, afin de s’intégrer totalement...

 

 

... Les premières arrivées de masse ont été bien accueillies même avec des fleurs comme en Allemagne, laquelle a besoin de travailleurs compte tenu de sa démographie déclinante. L’Angleterre a toujours essayé de se protéger ayant déjà accepté beaucoup de migrants. La Grèce et l’Italie ont dû faire face à des vagues de migrants en 2015. La France a adopté une position intermédiaire ouvrant des Centres d’accueil, bientôt insuffisants, désormais l’arrivée est mieux contrôlée et les renvois dans le pays d’origine effectués parfois.

L’intégration se fait mal dans la mesure où les nouveaux arrivants, souvent des enfants seuls, ne connaissent pas le français et n’ont aucune formation d’où la nécessité de leur faire apprendre le français avant de trouver un emploi. Une des conséquences pour l’appréhension de la langue tient au système français dit de la « sectorisation ». L’école obligatoire est liée au domicile, en conséquence les enfants originaires des quartiers remplis de migrants cohabitent avec les jeunes français. Résultat, l’existence d’une « stratégie d’évitement » (1) pour que les familles envoient leurs enfants dans une autre école ou dans des cours privés. Apparemment le gouvernement n’en a cure, ce qui conduira à une ghettoïsation de certains quartiers.

L’intégration un mot dont les bonnes âmes devraient se méfier. Officiellement on doit accueillir les travailleurs ayant une formation, mais que faire des autres, en particulier les jeunes ? Car les migrants viennent en Europe pour améliorer leurs conditions de vie ! Comment leur accorder, en particulier demain avec 2 milliards d’habitants en plus ? Après la chute de l’Empire Romain, les envahisseurs ont mis au moins trois siècles pour fusionner avec les populations locales…Conséquences de cette situation : on va constituer des ghettos de riches et des ghettos d’exclus ce qui ne peut conduire qu’à créer des zones de tension et à un éclatement du tissu social. Il ne faut pas accepter n’importe quel migrant, mais ceux susceptibles de s’intégrer, ayant un minimum de formation et susceptibles d’apprendre les règles françaises, il y a des limites à l’Utopie. Quant aux familles qui ont recours à l’évitement, cette situation est actuellement normale, mais ne doit pas durer si on veut éviter la ghettoïsation.

(1)     Le Monde du 31 décembre 2019 « Les stratégies d’évitement de la carte scolaire ».