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La France une…économie à reconstruire…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

La France n’a jamais été une grande nation industrielle, malgré les efforts de nombreux gouvernements et l’existence d’un solide soutien universitaire, mais  une nation agricole, à la différence de l’Allemagne, industrielle, depuis des siècles.

 

 

Toutefois dans un monde de plus en plus international elle a, comme les autres pays, cherché à développer son économie en ayant recours aux pays offrant des coûts de production moins chers que ceux de notre pays. Avec cette aide, la France a développé son marché intérieur et celui de l’exportation.  Cela marchait assez bien jusqu’au jour où un drame sanitaire international a fait prendre conscience aux entreprises françaises, aux responsables politiques et surtout aux français, que certaines productions ne pouvaient plus venir de l’étranger, en particulier dans le domaine des produits pharmaceutiques.

Conséquences : --

  • Il faut produire en France certains biens pour ne plus dépendre de pays tiers, en particulier les médicaments, les masques, tout ce qui permet de lutter contre le virus. De même en France tout ce qui est une production locale : les régions, les départements, les villes doivent se mobiliser pour produire tout ce qui peut l’être localement : ce qui reste d’industrie lourde ou de transformation, en particulier dans l’agro-alimentaire, tout en conservant les marchés avec les pays proches, en évitant la dépendance à des pays tiers.
  • Mais il ne faut pas rêver, comme l’ont déclaré plusieurs chefs de grandes entreprises ou la COFACE (1) « Une relocalisation complète des processus de production relève de la quête impossible ». En contrepartie, tout transfert d’entreprise uniquement pour des raisons de rentabilité doit être proscrit.
  • Par contre, tout ce qui fait la grandeur de la France dans le marché mondial doit être protégé : secteur de l’aviation, de l’automobile ou des services. Cela ne sera pas facile, compte tenu de la concurrence, mais il faut mobiliser toutes les énergies dans ces secteurs, ce qui devrait permettre de sauver le maximum d’emplois. Mais il faut se méfier en cas de relocalisation que les entreprises par souci d’économie préfèrent recourir à des robots plutôt qu’à des salariés disponibles localement ? (2)

Mais il est indispensable de promouvoir l’économie de demain, en particulier le numérique.  Cela implique la formation de chacun, en particulier des jeunes, ce qui n’est pas évident pour beaucoup d’entre eux compte tenu de la faiblesse de leurs études. D’ailleurs, l’enseignement secondaire et supérieur sont-ils prêts pour cette aventure technique ?

La France a un nouveau premier Ministre souhaitons qu’il puisse assurer cette reconversion en évitant tout drame social.

 

  1. COFACE , Assureur crédit pour les entreprises travaillant en internationale ;
  2. Le Monde du 3 juin 2020.